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Tchad: la situation économique difficile du pays s’invite dans les familles

Au Tchad, c’est le quatrième jour de grève générale dans la fonction publique après que les fonctionnaires aient découvert les coupes dans leurs salaires suite aux mesures d’austérités décidées par le gouvernement pour faire face à la crise économique. Dans les ménages, l’heure est aux ajustements des dépenses.
La nuit vient de tomber à Walia dans le IXe arrondissement de Ndjamena. Dans la pénombre, Nestor discute avec ses deux épouses une oreille tendue vers la radio qui diffuse les informations. Principal sujet de la discussion, on essaye d’imaginer comment honorer les dépenses.

Le mari des deux épouses n’est rentré qu’avec 47 000 francs et a dû donner 20 000 à chacune de ses épouses : « Rien que le loyer même fait déjà 40 000 francs. Je suis rentrée avec à peine 47 000. Est-ce qu’il faut payer le loyer ? Est-ce qu’il faut payer la scolarité des enfants parce que là, j’ai trois enfants qui sont dans les écoles privées ? Et je ne sais pas comment faire ». A ces côtés, une de ses épouses rebondit : « J’ai envie d’emmener l’enfant à l’hôpital, mais qui va payer ? »

Pour ce fonctionnaire, les loisirs ont été supprimés du budget familial et il réfléchit à comment s’acheter du carburant pour se déplacer avec sa moto.

Dans un autre arrondissement, Fepang et sa femme se demandent comment faire pour continuer à soutenir leurs enfants qui étudient dans d’autres villes au Tchad et à l’étranger : « Quand le montant est vraiment dérisoire, on ne peut pas payer le loyer. On n’a pu faire face seulement à un seul enfant qui est à l’extérieur. Pour le reste, nous savons ce qu’il faut faire, mais nous disons simplement que Dieu pourvoira à nos besoins ».

Ce ne sont pas les coupes seules qui sont responsables de la baisse des revenus. Il y’a aussi le fort taux d’endettement des travailleurs du secteur public, fortement incités à se bancariser ces dernières années. Mardi, le ministre des Finances a invité les banques à étudier la possibilité de rééchelonner les crédits qui plombent les revenus des fonctionnaires.

(RFI 01/02/18)

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